Vendredi 24 Octobre 2008

 

Mohamed Harbi à propos des violences coloniales commises en Algérie

«La responsabilité de la France doit être déclarée»
 

 

La salle des conférences du centre culturel français de Constantine était archicomble ce mardi. De nombreux universitaires, chercheurs et autres intellectuels sont venus assister à la conférence-débat de l’historien Mohamed Harbi consacrée à l’histoire contemporaine de l’Algérie. Mohamed Harbi est venu pour clarifier l’histoire liée à la période coloniale.


L’invité de marque du CCF s’est attelé à restituer l’histoire authentique qu’on a toujours essayé d’occulter de l’autre côté de la Méditerranée.
Pour Mohamed Harbi, «la responsabilité de la France dans les violences commises en Algérie entre 1830 et 1962 doit être clairement déclarée ; les successeurs de ceux qui ont fait la guerre sont censés assumer tout leur passé», a-t-il souligné, en substance.
Mais avant d’arriver à cette conclusion, le conférencier a pris le soin de revisiter la mémoire plurielle qui prévalait en Algérie avant son indépendance, dans le but de lever le voile sur beaucoup de vérités occultées.
Selon lui, de 1930 à 1988, l’exploration du passé a été entreprise avec le refoulement d’une bonne partie de la vérité, tandis qu’il y avait une vraie guerre de mémoires, d’idées, de pensées.
L’écriture de l’histoire de l’Algérie a obéi, dit-il, à la vision et l’idéologie qui prédominaient en 1954, et qui continuent même de l’être de nos jours.
L’historien a beaucoup insisté sur les récits historiques et sur l’histoire elle-même. d’autant plus que celle-ci a été écrite selon deux dimensions uniques, à savoir celles du «nationalisme»ou de la «collaboration».
Pour étayer sa logique, le conférencier souligne que devant la mémoire nationale, il y avait également une mémoire locale qui voulait en finir avec la domination étrangère, «alors que la première, elle, s’était assignée l’objectif de construire un Etat à un moment où l’adhésion à la France conférait à ses partisans un statut supérieur».
Mohamed Harbi a également abordé les questions liées à la culture, à l’identité du peuple algérien. A cet effet, il a revisité les récits de Toufik Madani, de M’barek Mili, tout en analysant le discours des élites, comme à l’exemple Ferhat Abbas sur le concept de «nation».
En substance, M. Harbi estime que pour parvenir à une plus grande homogénéité de la société, il faut réinvestir le passé, l’histoire dans toutes ses dimensions, sans occulter la mémoire de ce passé dont dépend le présent et l’avenir de la société algérienne. A. L.

publié par NASSMLAHCITE dans: ALGERIEN

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