Jeudi 18 Septembre 2008

Le Président Bouteflika préside une réunion restreinte consacrée au secteur de l’agriculture et du développement rural : Une croissance moyenne annuelle de plus de 6%

image Le Chef de l’Etat a souligné l'importance de '"hâter l'aboutissement de la législation relative au mode d'exploitation des terres agricoles du domaine privé de l'Etat", un texte qui devra fixer les droits et obligation

Dans le cadre des auditions annuelles qu'il dirige  sur les activités des différents départements ministériels, M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, a présidé une réunion restreinte d'évaluation consacrée  au secteur de l’agriculture et du développement rural.         
L'exposé présenté par le ministre de l'Agriculture et du Développement  rural a trait successivement aux éléments significatifs du bilan relatif aux  différents plans et programmes de développement de l'agriculture et du  monde rural, les actions de régulation des produits agricoles de base que l'Etat  a mis récemment en place et les perspectives de développement qui sont fixées  au secteur pour l'horizon 2013.         
A- S'agissant du bilan de la mise en œuvre des différents plans et programmes  du secteur, il est successivement souligné :         
Que malgré les conditions très difficiles qui prévalaient dans le  monde rural au moment du lancement du Plan national du développement agricole  et rural (PNDAR) en 2000, il est relevé une croissance moyenne annuelle de plus  de 6%, un accroissement de la surface agricole utile de plus de 500.000 hectares,  un développement important des techniques d'irrigation économisatrices d'eau  et une extension considérable du patrimoine arboricole.         
Ces résultats positifs enregistrés, ont créé une nouvelle situation  qui met en exergue les atouts et les possibilités d'insuffler une nouvelle impulsion  à la croissance agricole et au développement durable des territoires ruraux.         
Il a été parallèlement procédé au renforcement des programmes communs  d'appui au renouveau de l'économie agricole et au renouveau rural, à travers:        
- La modernisation des institutions de puissance publique, à savoir:  l'administration des forêts, le contrôle sanitaire vétérinaire et phytosanitaire,  les services de certification et de labellisation,         
- La dynamisation de l'appareil de formation, de recherche et de vulgarisation  et l'appel aux compétences universitaires,        
- La modernisation des systèmes d'information des statistiques, de la  programmation et de l'administration agricole.
Le recentrage dans les missions et la volonté de mettre en synergie  les différentes actions économiques et sociales ainsi que la mutualisation des  efforts, concernent également les budgets alloués au secteur dont les crédits  se situent autour de 370 milliards de dinars par an, dont plus de la moitié  est consacrée à la protection du pouvoir d'achat du consommateur, à travers  la prise en charge du différentiel des prix.       
Une série de programmes et actions ont été déployés pour le renouveau  de l'économie agricole qui se sont traduits par la création d'un environnement  incitatif pour l'activité agricole et le développement des investissements à  travers notamment :         
- le lancement du crédit sans intérêt "RFIG" au bénéfice des agriculteurs,  des éleveurs et des opérateurs des activités annexes,         
- l'intensification de la mécanisation agricole à travers le renforcement  du crédit leasing,        
- le renforcement de la mutualité rurale de proximité,         
- la modernisation et la généralisation des assurances agricoles adaptées,        
- la dynamisation du Fonds de garantie contre les calamités agricoles  (FGCA),           -
- le recentrage des organisations professionnelles et interprofessionnelles,         
- et l'incitation à l'intégration agroalimentaire.         
Toutes ces mesures tendent à sécuriser les acteurs, créateurs de richesses:  agriculteurs, éleveurs et industriels de l'agroalimentaire, et à les encourager  à investir, s'investir et à moderniser leurs activités.         
Toujours dans le même esprit et afin de protéger les revenus des agriculteurs  et le pouvoir d'achat des consommateurs, le système de régulation des produits  agricoles de large consommation a été mis en place et concerne dans sa première  phase la pomme de terre. Il intégrera progressivement les autres produits agricoles  de base et induira l'extension et la modernisation de l'industrie de froid,  ainsi que les capacités de conditionnement des fruits et légumes et des centres  d'abattage des animaux et de traitement des viandes modernes.      
B- Concernant les perspectives de développement du secteur          
La politique de soutien à l'agriculture sera adaptée progressivement  pour, d'une part, sécuriser les agriculteurs, les éleveurs et les opérateurs  de l'agro-industrie et d'autre part, stabiliser le marché et offrir une visibilité  à tous les acteurs.         
C'est cette démarche qui devra favoriser l'intégration agriculture/industrie,  pour constituer le socle de la modernisation de l'agriculture, promouvoir les  pôles agricoles intégrés, valoriser les efforts du travail professionnel et  enfin, encourager dans certains cas, l'exportation pour tendre à équilibrer  la balance commerciale alimentaire.         
Concernant le renouveau rural, engagé depuis 2007, celui-ci, après  une phase pilote en 2007 et une phase de confirmation en 2008, connaîtra une  généralisation des projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI).         
En effet, pas moins de 12.000 projets de proximité de développement  rural intégré (PPDRI) sont programmés et porteront sur :         
- la modernisation et/ou la réhabilitation des villages et ksour,        
- la diversification des activités économiques en milieu rural,         
- la protection et la valorisation des ressources naturelles,         
- la protection et la valorisation du patrimoine rural, matériel et  immatériel.         
Pour plus de rationalité et d'efficacité, il sera dans ce cadre procédé  au recentrage des programmes de protection des ressources naturelles, notamment  des espaces forestiers, steppiques et sahariens. Ces programmes s'élaborent  à partir de la base au niveau des cellules d'animation rurale communales, pour  mettre à contribution les populations rurales, la société civile, les organisations  rurales, y compris traditionnelles.         
Cette démocratie participative en s'exprimant par cette démarche doit  permettre de mieux cibler les préoccupations locales, rationaliser les interventions  de l'Etat et mieux programmer et utiliser ses ressources.         
Le secteur de l’agriculture et du développement rural a initié, en  même temps, les contrats de performance pour la période 2009-2013 avec chaque  wilaya, prenant en compte les enseignements et les expériences du développement  agricole ainsi que les spécificités et les potentialités de chacune d'elle.         
Ces contrats de performance concernent dix (10) programmes nationaux  d'intensification des productions agricoles et des programmes spécifiques :  l'intensification des productions de céréales, de légumes secs, de lait, de  pomme de terre, d'huile, de dattes, de semences et plants, d'élevage et d'aviculture  ainsi que par les programmes relatifs à l'économie de l'eau et aux pôles agricoles  intégrés.
Intervenant à l'issue du débat, le Président Abdelaziz Bouteflika  a relevé les résultats appréciables atteints par le Programme national de développement  agricole (PNDA) mis en œuvre depuis près d'une décennie.        
"Ce programme, fortement soutenu par le budget public, a permis la relance  de l'activité agro-pastorale qui est marquée par une croissance annuelle constante  de plus de 6%, une hausse palpable de l'offre dans la production agricole, ainsi  qu'une importante contribution à la création d'emplois, et au développement  du monde rural", a déclaré le Chef de l'Etat.         
"Ce sont autant de raisons qui militent en faveur du renforcement des  efforts de l'Etat pour accompagner et soutenir le développement du secteur",  a poursuivi le Président de la République qui a aussi émis ses directives en  la matière au gouvernement.         
En premier lieu, "le gouvernement doit hâter, a-t-il noté, l'aboutissement  de la législation relative au mode d'exploitation des terres agricoles du domaine  privé de l'Etat, texte qui devra fixer les droits et obligations des exploitations  concessionnaires. Il doit également réactiver l'Office national des terres agricoles,  pour régir par délégation du Domaine national, l'octroi des concessions des  terres agricoles du domaine privé de l'Etat, ainsi que la régularisation des  titres des exploitants agricoles".          
En second lieu, "le soutien de l'Etat à l'agriculture doit désormais  se focaliser davantage sur les productions de base, y compris la production laitière et celle des viandes. Un programme national rationnel doit être tracé  et mené avec détermination et tendre vers l'autosuffisance alimentaire du  pays".         
En troisième lieu, "le gouvernement doit œuvrer à améliorer l'activité  agricole et l'élevage par la relance de la mécanisation des cultures, la production  des fertilisants, la production locale des semences, le développement des capacités  nationales de stockage et de conservation, et par la promotion de l'industrie  agroalimentaire. Cela doit entraîner le développement des industries et services  d'accompagnement".         
En quatrième lieu, "l'encadrement et l'organisation de l'activité agricole  doivent être encouragés à travers une chambre de l'agriculture dynamique, des  conseils interprofessionnels actifs, ainsi qu'une mutuelle agricole revitalisée".         
En cinquième lieu, "la formation de l'encadrement du secteur agricole  et rural doit être renforcée. L'agriculture mérite le soutien de l'Etat, mais  elle a également besoin de compétences pour accompagner et assister les paysans  dans l'entreprise de modernisation des cultures et des rendements".         
En sixième lieu, "les dispositifs de microcrédits destinés à aider la  création d'activités par les demandeurs d'emplois doivent inscrire le secteur  agricole parmi leurs domaines de priorités. Cela permettra d'apporter au monde  agricole l'appui de tout un réseau de petites et moyennes entreprises nécessaires  à sa modernisation".
En septième lieu, enfin, "le développement de l'agriculture et  de l'élevage doit être le levier de la politique de développement rural et de  l'aménagement du territoire dans son ensemble. Voilà pourquoi le programme de  soutien au renouveau rural, lancé l'année dernière, sera une composante importante  du programme quinquennal 2009-2014", a ajouté le Président Abdelaziz Bouteflika.         
Poursuivant son analyse, le chef de l'Etat a souligné que "les conditions  sont, aujourd'hui, réunies pour engager un développement structurel à même d'asseoir  les fondements d'une croissance agricole soutenue et un développement durable  des territoires ruraux à travers la mise en œuvre de la loi d'orientation agricole  qui a précisé les objectifs fondamentaux que notre pays assigne à son agriculture".         
Le Chef de l'Etat a estimé que "ceci est d'autant plus important et  urgent que le contexte international est caractérisé par l'émergence d'une crise  alimentaire dans plusieurs régions du monde et qui risque de prendre de l'ampleur".         
Sur un autre plan, "les effets des changements climatiques s'expriment  déjà par des sécheresses cycliques et fréquentes dans notre région", a ajouté  le Président de la République.        
Dans cette optique, le Président de la République a insisté sur l'importance  à accorder au programme de protection des ressources naturelles et à la lutte  contre la désertification.         
Le Chef de l'Etat attend aussi "des agriculteurs, éleveurs et opérateurs  de l'agroalimentaire une mobilisation à la mesure des défis à relever" en assurant  que la nation ''continuera à soutenir le développement et la modernisation de  notre agriculture et le développement équilibré et harmonieux des territoires,  sans exclusion et sans marginalisation aucune".

7 directives du Président

En premier lieu, "le gouvernement doit hâter, a-t-il noté, l'aboutissement  de la législation relative au mode d'exploitation des terres agricoles du domaine  privé de l'Etat, texte qui devra fixer les droits et obligations des exploitations  concessionnaires. Il doit également réactiver l'Office national des terres agricoles,  pour régir par délégation du Domaine national, l'octroi des concessions des  terres agricoles du domaine privé de l'Etat, ainsi que la régularisation des  titres des exploitants agricoles".           

En second lieu, "le soutien de l'Etat à l'agriculture doit désormais  se focaliser davantage sur les productions de base, y compris la production  laitière et celle des viandes. Un programme national rationnel doit être tracé  et mené avec détermination et tendre vers l'autosuffisance alimentaire du  pays".          

En troisième lieu, "le gouvernement doit œuvrer à améliorer l'activité  agricole et l'élevage par la relance de la mécanisation des cultures, la production  des fertilisants, la production locale des semences, le développement des capacités  nationales de stockage et de conservation, et par la promotion de l'industrie  agroalimentaire. Cela doit entraîner le développement des industries et services  d'accompagnement".          

En quatrième lieu, "l'encadrement et l'organisation de l'activité agricole  doivent être encouragés à travers une chambre de l'agriculture dynamique, des  conseils interprofessionnels actifs, ainsi qu'une mutuelle agricole revitalisée".          

En cinquième lieu, "la formation de l'encadrement du secteur agricole  et rural doit être renforcée. L'agriculture mérite le soutien de l'Etat, mais  elle a également besoin de compétences pour accompagner et assister les paysans  dans l'entreprise de modernisation des cultures et des rendements".          

En sixième lieu, "les dispositifs de microcrédits destinés à aider la  création d'activités par les demandeurs d'emplois doivent inscrire le secteur  agricole parmi leurs domaines de priorités. Cela permettra d'apporter au monde  agricole l'appui de tout un réseau de petites et moyennes entreprises nécessaires  à sa modernisation".

En septième lieu, enfin, "le développement de l'agriculture et  de l'élevage doit être le levier de la politique de développement rural et de  l'aménagement du territoire dans son ensemble. Voilà pourquoi le programme de  soutien au renouveau rural, lancé l'année dernière, sera une composante importante  du programme quinquennal 2009-2014", a ajouté le Président Abdelaziz Bouteflika. 

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