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Actualité (Lundi 13 Août 2007)
L’agence américaine publie un rapport pour aider le Maroc Le document de la CIA qui veut nuire à Alger
Par : Abdelkamel K.
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Un document confidentiel déclassé de la Centrale intelligence agency (CIA) dévoile une proposition datant de 1985, faite par l’Algérie au roi Hassan II, pour aboutir à un compromis au sujet du Sahara occidental, en conformité avec la légalité internationale.
La politique prônée par le Makhzen pour le Sahara occidental s’est toujours caractérisée par une inconstance des positions dépassant tout entendement, à commencer par le partage avec la Mauritanie du Sahara occidental au lendemain du départ de l’ancienne puissance coloniale, en l’occurrence l’Espagne jusqu’au très controversé plan d’autonomie qui ne tient compte d’aucune réalité historique. En effet, ce ne sont pas les revirements qui ont fait défaut à Rabat dans sa gestion du conflit sahraoui. Un document déclassifié de la CIA révèle que le défunt souverain marocain, Hassan II, a refusé, il y a de cela vingt-deux ans, une proposition de l’Algérie lui suggérant un compromis sur la question du Sahara occidental, dans lequel il est question d’autonomie du Sahara occidental, mais avec des conditions plus en conformité avec la légalité internationale. Dans ce document dénommé “Compromise Proposal on Western Sahara”, Alger proposait que “les Sahraouis contrôlent leurs affaires internes, et que le roi Hassan II soit leur tuteur et leur représentant au sein des instances internationales”. Le second paragraphe indique que “le Maroc a refusé la proposition algérienne parce qu’elle attribuait aux Sahraouis l’essentiel des prérogatives de souveraineté, notamment l’autonomie locale et la représentation au sein des instances internationales”. Enfin, il fait état de “divergences profondes entre l’Algérie et le Maroc sur la définition de la souveraineté sahraouie”. Reprenant à son compte cette solution préconisant entre autre l’autonomie, Mohammed VI en fait aujourd’hui son cheval de bataille en l’imposant comme unique possibilité de sortie de crise. Selon la revue américaine Sahel Intelligence, qui a divulgué le document secret de la CIA, le plan d’autonomie présenté à l'ONU par le Maroc le 11 avril 2007 “est très semblable” à la proposition formulée par les autorités algériennes en 1985. Ce qui est loin d’être le cas d’autant qu’il est nécessaire de situer l’événement dans son contexte de l’époque. Ceci d’une part. D’autre part, il y a lieu de relever que depuis 22 ans, la situation a évolué surtout après le cessez-le-feu de 1991 et la décision onusienne d’organiser un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. En effet, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la période où Hassan II avait reçu la proposition algérienne et maintenant, surtout que Rabat est allé trop loin dans ses accusations contre l’Algérie dans le dossier du Sahara occidental. Par ailleurs, la divulgation de ce document par la CIA à ce moment bien précis est loin d’être le fruit du hasard, mais donne l’impression bien au contraire d’être une opération bien calculée dans le temps. Il ne fait aucun doute que la démarche, reprise et appuyée par le magazine dirigé par Marion Zunfrey, qui présente sa publication comme une revue stratégique d’analyses sur la zone du Sahel regroupant dans son conseil rédactionnel d’anciens diplomates, militaires et cadres d’ONG, s’inscrit dans la série de pressions du lobby juif américain, dont les liens avec le Maroc n’ont jamais constitué un mystère pour personne. Son timing bien agencé avec la campagne diplomatique du Maroc pour donner du crédit au plan d’autonomie et surtout arracher de nouveaux soutiens sur la scène internationale après le désaveu du conseil de sécurité de l’ONU. Ce dernier, tout en prenant acte de la proposition marocaine, n’a cependant pas foulé au pied la légalité internationale en gardant comme finalité de tout règlement de ce conflit l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Celui-ci doit aboutir à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui lequel devra choisir s’il veut rester sous administration marocaine ou s’il désire recouvrer sa liberté et son indépendance. Mais ce qui constitue pour la communauté internationale un passage obligatoire quant à l’expression du droit à l’autodétermination est redouté par Rabat. K. ABDELKAMEL |
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