Dimanche 18 Mars 2007

[ Reportage ]
Aux confins du réel et de son fantastique désert
Djanet, la perle du Tassili

Par : Houria Akram.   Le : samedi 17 mars 2007
 

«Si tu chantes la beauté, même dans la solitude du désert, tu trouveras une oreille attentive», lisait Khalil Gibran dans le sable de la douce Djanet et des secrets de sa faune, tandis que le jour se lève à l’odeur du thé à la menthe, réveillant les Touareg et les vies se tapissant sous l’or du sable et du soleil sachant que Dieu a créé des contrées pour vivre et a établi le désert pour méditer et écouter son silence. 

C’est pareillement à cette description que nous avons accompagné les journées et les coutumes des hommes bleus et des femmes touaregs de Djanet, chef-lieu de daïra de la wilaya d’Illizi, et cherché à comprendre jusqu’aux confins de leurs fantastiques réels ce chant, voire même cet hymne à la vie, dans leur adaptation dans ces terres en apparence hostiles qui traversent le Sahara sur plus de 80 000 kilomètres carrés. Ces jours où la ville se prépare à dérouler le tapis de sa majestueuse féerie sous le charme de ses deux hôtes,  la Reine Sofia et le Roi Juan Carlos 1er du Royaume d’Espagne, qu’accompagne le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil,  dont Sonatrach est un des importants partenaires du Parc national du Tassili, dans son développement durable et sa préservation, et la ministre déléguée, chargée de la Recherche scientifique, Souad Bendjaballah, ainsi que les nombreux journalistes couvrant la visite du couple royal.
La première impression dès l’arrivée à l’aéroport Tiska de Djanet, à plus de 2.270 km de la capitale, vous renvoie aux frontières d’un astre de sable et de grès façonné par l’eau, le soleil et le vent, luisant de ses teintes or et ocre, au sein de l’Algérie. Vous êtes  enveloppés dans cette sensation puissante qui fait qu’à lui seul, le désert est une planète et qu’en tant qu’acte artistique il est un art, un état d’esprit et une manière de vivre noble et singulière pour ses citoyens.
En route, nous découvrons ensemble l’itinéraire de la visite royale que les habitants de la perle du Tassili ont réservée à leurs hôtes. L’arrivée à l’Aéroport, l’accueil avec des bouquets de fleurs remis par deux enfants vêtus de tenues locales, la réception et les saluts des notables et autorités civiles et militaires, la parade militaire, renforcée par des éléments venus de la 4e Région militaire, Ouargla, la troupe folklorique targuie "Thamat", la visite du Musée national du Tassili, la remise de la clé de la ville, la signature du Livre d’or, la visite du site rupestre "La vache qui pleure ", l’arrivée à l’exploitation agricole de Brihmat "Tarek Ibn Ziad", le déjeuner sur des tables au cachet local et la remise au nom du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, des cadeaux aux deux majestés et le retour du cortège des 4x4 vers l’aéroport avant le décollage de l’avion pour Alger, pour une autre profondeur de l’hospitalité des populations de l’Algérie.
Tout au long de l’itinéraire de destination à quelque  50 km de l’aéroport, la fraîcheur du matin étendant le voile de sa douceur sur les paysages qui se laissent découvrir au fur et à mesure, les rythmes de vie prennent leurs places et leur temps, la qualité du silence et les vertiges au bout des émotions que ressentent les poètes et les touristes vous passionnent et vous délivrent de la solitude de la ville et de son pouvoir devant la majesté du Sahara, le Tassili.
Droite ou en zigzag, asphaltée ou recouverte de gravier, la route, à partir de l’aéroport, libère la vitesse tandis que des îlots d’habitation modernes, mais en respect du cadre de vie local tentant de concilier tradition et modernité, émergent dans les creux des oueds, des abords des gueltas, des vagues des dunes ou des cimes des plateaux de roches ou de grès, alternant avec des vallées et des oasis où se mêlent palmeraies et arbres fruitiers et tout autour des potagers et des maraîchages poussent sur des lopins de terres entretenues avec soin et douceur en raison de la rareté des légumes et la cherté de leur prix. 
Vingt kilomètres depuis le départ, le premier village, Ifferi, niché sur les flancs d’un plateau rocheux, ouvre les paysages où la vie a pu s’établir en harmonie avec la nature sans trop de heurt avec la rudesse du climat.
Les habitations en bordure de la route laissent découvrir la main de l’homme, les progrès de la modernité et les commodités quotidiennes en matière d’infrastructures de base comme les structures de santé, les établissements scolaires, les commerces, les administrations ou les services de sûreté, des postes et de téléphone, les stations d’essence ainsi que de multiples plaques indiquant l’exercice de métiers comme la tôlerie, la plomberie et des micro-entreprise se mettant en place.
 Nous prenons la direction Djanet, chef-lieu de la daïra, à 412 km de la wilaya d’Illizi et à 50 km de son aéroport où nous attendent le wali d’Illizi, Boualem Tiffour, le président de l’APW, Abdelkader Benhoued, le chef de la daïra de Djanet ainsi que les élus locaux et des sénateurs.

5.200 milliards de centimes de 2000 à 2007 contre
1.200 milliards de centimes de 1984 à 1999

Les responsables, qui se préparent à une session pour l’établissement du bilan annuel de leur exercice, parlent des progrès considérables ayant marqué le cours de la wilaya entre 1999 à 2007 et qui a été créée pour rappel en 1984.
Le programme de développement, qui a touché l’ensemble des six communes et leurs îlots d’habitation, est sans commune mesure avec aucune période antérieure, puisque la wilaya a pu bénéficier, de 2000 à 2007, de 5.200 milliards de centimes, c’est-à-dire 1.000 milliards d’investissement par an, une base de ce développement,  contre 1.200 milliards de centimes de 1984 à 1999. Il a englobé les infrastructures de base, les routes, l’agriculture, le tourisme et le patrimoine culturel avec le Parc national du Tassili où le désenclavement considérant l’éloignement entre les villes, leur chef-lieu de wilaya et de daïra.
 Dans ce cadre, les efforts de l’Etat ont ciblé en priorité les infrastructures lourdes, à travers les programmes complémentaires Spécial Grand-Sud ou Fonds de développement de relance et de croissance. Illizi, Djanet, Bordj El-Houès, In Amenas, Deb Deb, Bordj Omar Idris ont pu connaître des rythmes de croissance assez conséquents au regard de leur enclavement et des distances qui les séparent, a soutenu le wali, conforté dans ses propos par son chef de daïra et le P/APW.
En matière d’investissement, 48% du budget global ont été dégagés pour les 3.340 km de routes afin de contribuer au désenclavement et soutenir le développement économique et social, suivis du logement avec la création de la cellule d’habitat qui devra veiller selon les orientations du Président de la République, au respect de  la vie sociologique de la région.
L’amélioration des conditions de vie et de travail a été une autre priorité sur laquelle le Chef de l’Etat a mis l’accent concernant le cadre de vie, l’éducation, la formation, l’aménagement urbain, l’assainissement de l’eau, l’éclairage, le gaz de ville. Plus exactement, nous pouvons noter que chaque commune comprend un à deux lycées en plus du projet de programme d’un centre universitaire de 1.000 places pédagogiques, à lancer au 4e trimestre de cette année. Tous les enfants en âge scolaire suivent les cours et le taux de scolarité des filles atteint 87% dans le primaire, 54% dans le moyen et 47% dans le secondaire. Le chômage se situe à 11,38%.
 Djanet est distante de sa wilaya de 412 km, Bordj Omar Idris, ex- Fort Flatters, est à 700 km et huit heures de route d’Illizi et à 240 km de Djanet, 5 heures de route de son chef-lieu de daïra. Elevée au cœur d’une vallée, au cœur d’une oasis de palmeraie, Djanet possède de nombreuses féeries et la villa, résidence d’Etat, érigée sur la crête de la plus haute montagne permet à la ville de prospérer à son ombre, captive les visiteurs et dimensionne la force et le génie des bâtisseurs tant l’art et le rustique s’épousent avec le cadre sociologique locale.
Des quartiers entiers sont édifiés sur les roches répartissant la ville en médina et ksour construits avec de la pierre taillée, avec des esplanades comme centre de ville, rivalisant avec les plus belles architectures du monde et en prime ce cachet qui fait sa particularité propre.   

Le musée du Tassili

Direction le musée du Tassili, non loin du siège de la daïra où gisent des millions d’années d’histoire, de mémoire et d’objets, témoins de vies, de vécus et de leurs évolutions dans le temps, de splendeurs en quête de recherche, de découvertes et de fascination. Premier foyer humain de la céramique, l’amélioration des actions de subsistance des hommes, le passage de l’acte de chasseur à celui d’agriculteur, d’emmagasinement des grains alimentaires et la peinture et la gravure de l’environnement effectuées dans des abris en grotte ou à l’air libre, dont le Tassili recèle plus de 5.600 sites recensés à l’heure actuelle. L’un des plus célèbres se trouve à Tamrit de Tan Zoumaïtak qui recoupe une succession de périodes des plus anciennes aux plus récentes avec l’apparition de l’écriture, les rituels funéraires ou les signes de vie et de mort, de religions et de croyances à plus de 3.000 ans avant notre ère.  
Depuis la création en 1972 de l’Office du parc national du Tassili, son classement comme monument historique national, les choses ont considérablement évoluées dans le sens de la préservation, conservation et mise en valeur culturelle et naturelle de ce fonds historique, musée à ciel ouvert.
Renforcé depuis son classement en 1982 en tant que patrimoine mondial de l’UNESCO, admis dans le réseau du MAB, en 1986, en qualité de réserve de l’homme et de la biosphère et soutenu grâce à la fondation Sonatrach Tassili, le partenaire du Parc national, le Musée du Tassili, qui couvre les richesses ethnologiques, culturelles, naturelles dans leurs divers aspects sur les 80.000 kilomètres carrés avec une altitude variant de 500 à 2.200 mètres, témoigne aux générations et garde la mémoire en alerte et l’option du choix stratégique national, comme l’ont réaffirmé les directeurs du Musée et de l’Office.

A Tegharghart,
«La vache qui pleure»

La gravure qu’on date de la dernière période de la préhistoire, entre 3.000 à 4.000 ans avant notre ère, est assez particulière tant la technique consiste à graver la roche par piquetage  en reliant les points et polissant les traits donnant de bas reliefs à la vache.  Selon le titre générique véhiculé dans cette région, à Tegharghart, Ihrir  et également au Niger où l’on recense les mêmes modèles, la gravure, qui représente une grande vache à la robe aux traits lissés, un signe de domestication avec la forme des cornes et la petite larme à l’œil droit, peut signifier le début de la désertification, puisque la vache, habituée à venir s’abreuver dans le creux de cette guelta, ne trouvant plus d’eau a versé des larmes. Ce qui signifie également la fin de l’élevage des bœufs à Tegharghart, un site d’épandage et de pâturage en ces temps préhistoriques, dont la source est sur le plateau du Tassili et en période de crue toute la partie est inondée.

L’exploitation agricole Tarek Ibn Ziad de Brihmat

Etablie sur 49 hectares, la ferme privée de la famille Brihmat, acquise dans le cadre du programme national de fonds de mise en valeur des terres agricoles dans le Sud, est une réalité de la volonté conjuguée de l’Etat et des jeunes en quête de projets d’investissement avec en guise d’encouragement le terrain défriché et le forage du puits. A huit ans de son démarrage, la ferme agricole est en exploitation et les fruits du labeur de ses propriétaires sont notables, visibles et lisibles en chiffres et en quantités de récoltes grâce aux 12 employés permanents, des dizaines de saisonniers en plus des mains des membres de la famille Brihmat. Sur une superficie de 49 hectares, 30 sont réalisés à 100% et rentables, sur 10 hectares poussent les légumes (oignons, betteraves, navets, carottes), tandis que la pomme de terre est en essai sur 2 hectares, comme l’explique avec une grande satisfaction des résultats, l’un des jeunes frères Brihmat, natif de Ghardaïa, installé dans la région. 16 autres hectares sont réservés aux agrumes (oranges, mandarines, citrons) ainsi qu’aux dattiers et la récolte est bonne. 20 hectares ont été acquis à titre individuel et 10  autres dans le cadre du soutien de l’Etat avec le forage du puits, des petits troupeaux de bétail qui se développent parallèlement, le rêve des vertes prairies est décidément à la porté des jeunes volontaires, à l’exemple des Brihmat avec des recettes mensuelles de 5 millions de centimes et un total annuel de plus de 1,5 million de dinars, ce que nous avons pu tirer de ses dires comme information.
Ces belles aventures dans le silence du désert du Sahara peuvent être autant d’exemples et de stimulants aux nombreux jeunes en quête d’ambition et de visions d’avenir, surtout que l’Etat a mis en marche toutes les dispositions à leurs réalisations dans le cadre des différents dispositifs destinés aux jeunes. Djanet, qui ne dispose que d’une structure comme les cybercafés, installée au sein de la maison de jeunes, enregistre un réel retard dans le réseau numérique, un créneau à approfondir à l’ère de l’intrusion de la modernité dans les moindres foyers du grand et merveilleux Sahara, dont l’Algérie vient de célébrer la Journée internationale des déserts du monde.

L’activité touristique nécessite
 des investissements, tant la demande est importante

Tadrart pointe son village touristique saharien à moins de dix kilomètres d’Ifferi, au creux d’une montagne de roches à l’ombre de laquelle de verdoyants potagers et palmeraies fleurissent. Le jasmin, le citronnier, le grenadier s’élancent des terres qui portent les racines des légumes et autres herbes vertes. Une noria d’irrigation traditionnelle résiste au temps et garde la mémoire, témoin d’une vie féconde et fertile dans ces régions arides.
L’endroit, décrit comme un immense territoire aux paysages naturels impressionnants, situé au sud-est de Djanet, est un parcours à diversité biologique important pour la gazelle et où la vie se laisse également couler en douceur.
Abdelkader Ahmid, le propriétaire du village, par ailleurs directeur de l’Agence de voyage et de tourisme de Tadrart, atteste de l’amélioration des conditions de vie et de travail dans cette région du Sud où le tourisme a connu un boom, boosté par les grands efforts entrepris par l’Etat ces dernières années et dans leur sillage par l’amélioration du tourisme qui a connu une augmentation de plus de 20% entre 2005 et 2006, grâce aussi aux vols charters d’Aigle Azur, Air Méditerranée et les vols de récupération d’Air Algérie. Les impacts ont été importants sur le plan économique et social à plus de 40%, pour une région dont la population vit essentiellement du tourisme et de ses dérivés durant la période d’octobre à fin avril.
Le village saharien, qui comprend des structures de 120 lits réparties entre les 50 lits en tentes pour les petites bourses, principalement des étudiants, 60 chambres simples et 24 lits résidentiels ou VIP.
Abdelkader Ahmid, ce père de six enfants, trois filles et autant de garçons, activant dans le tourisme depuis 30 ans, est un guide hors pair qui connaît les moindres coins et recoins de sa région et en matière de randonnée, il est grand guide des 950 sites ou itinéraires touristiques. Aussi, raconte-t-il que les sites  les plus «vendus» actuellement restent ceux des régions sud-est à 20 km, Tadrart et à 120 km, Issendilène avec les frissons des roches et des oasis et ceux au nord de Djanet, le plateau du Tassili à plus de 1.800 mètres d’altitude, ceux au nord, le plateau de Dider à 1.600 mètres d’altitude à 280 km, l’oasis d’Ihrir à 220 km avec leurs gueltas, gravures  rupestres, palmeraies et habitations traditionnelles. 
Avec seulement 4 structures d’accueil touristiques d’hébergement, l’hôtel Ténéré, le village saharien de Tadrart, l’hôtel Zériba en huttes et l’Auberge de l’ONAT, comptabilisant environ 140 lits, Djanet vit dans la zone nord de l’économie du gaz et du pétrole et la zone sud, de la culture, le tourisme et l’agriculture, nécessitant d’importants investissements dans ce secteur stratégique pour une population de 43.000 âmes, selon le recensement de 2006. Une soixantaine d’agences de voyages exploitent le créneau touristique, dont des indépendants et une vingtaine d’agences "pirates", selon notre interlocuteur.
Houria Akram.

Le réseau numérique au ralenti
Les antennes ADSL, qui pénètrent au-delà des seuils des maisons, sont vivement sollicitées par les jeunes et les touristes étrangers rencontrés au détour d’une escapade dans le "souk de transit" de Djanet-ville, regroupant sous des tentes les commerces, les marchands et divers ateliers d’artisanat traditionnel, devant les terrasses des cafés ou aux entrecroisements des deux ruelles reliant des quartiers. La modernité et les bienfaits des technologies sont des acquis dont nous devons en tirer profit surtout dans ces régions, quand bien même les jeunes n’ont pas encore goûté aux difficultés du chômage qui, à proprement parler, n’existe pas à l’heure actuelle, mais la vie reste difficile au regard du climat de la région. Mais il viendra un temps où nous serons confrontés à ces problèmes sans compter les changements positifs des impacts de ces nouvelles connaissances dans la vie quotidiennes des gens, comme l’ont expliqué des jeunes diplômés des universités d’Alger.

Une sacrée dose pour la dot de la mariée
L’exemple du mariage dans ces confins du Sud, dont la dot est faramineuse pouvant atteindre les 80 millions de centimes au regard des trois malles exigées (une pour chacune des tenues, des sous-vêtements, chaussures et des bijoux), en plus de la chaussure impérativement rouge que le marié doit rapporter à la nièce germaine de sa future épouse, sinon 30 000 DA, avant la veille de la nuit de noce, souvent un handicap à l’épanouissent de l’individu en société.
La célébration du mariage dure sept jours et au frais des parents du futur époux et une année pour emmener son épouse dans sa nouvelle vie.

nadine_cheche2.jpg (22394 octets)

 

 

 

Le chèche, tout un symbole

 

 


Le chèche que porte les touaregs, pouvant atteindre 21 mètres, contient sa symbolique. Celui qui se marie le double par un autre voile noir, le marié relève une partie cachant le visage jusqu’au nez, le célibataire le roule seulement sur la tête, des signes bien distinctifs identiques aux hommes et aux femmes touaregs.
                                 
(Nous tenons à remercier vivement les employés de la DSA, Direction de la sécurité aéronautique de Djanet exerçant à la tour de l’aéroport de Tiska pour l’immense service qu’ils ont rendu à notre photographe, en lui permettant d’envoyer par e-mail les photos de la visite à notre quotidien El moudjahid pour l’édition de jeudi 15 mars et ce, en dépit de l’heure tardive. Merci et un grand bravo pour la célérité de la tâche).

 

publié par nassmlahcity dans: HUMOUR

Recherche

Newsletter

Inscription à la newsletter

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus